LettreHenri Poincaré à Gaston Doumergue, 14 avril 1909

Monsieur le Ministre,

D’après le récent décret qui a réglé la situation des Calculateurs au Bureau des Longitudes, ces fonctionnaires ne peuvent être chargés de travaux supplémentaires qu’après avoir accompli les 2100 heures que comporte leur travail réglementaire annuel.

Cet article était destiné à éviter que des calculateurs après s’être fait dans les premiers mois de l’année allouer des heures supplémentaires, ne puissent, dans les derniers mois, sous un prétexte quelconque, se dispenser d’exécuter leur tâche réglementaire tout en touchant l’intégralité de leur traitement. Cependant il en résulte pour ces fonctionnaires un préjudice manifeste. Il est en effet impossible d’organiser le travail de façon à concentrer les heures supplémentaires dans les quatre ou cinq derniers mois de l’année; les calculateurs ne pourraient alors suffire à leurs tâche qu’à la condition de travailler plus de 300 heures par mois.

Il est donc nécessaire de répartir ces travaux supplémentaires sur l’année entière; seulement aux termes du décret, s’ils sont pris à la lettre; ces travaux ne peuvent être payés que dans les deux derniers trimestres; il en résulte que les calculateurs sont obligés à faire à l’État une sorte d’avance pouvant monter pour chacun d’eux à quelques centaines de francs, puisqu’ils doivent exécuter des calculs qui ne peuvent être soldés qu’avec plusieurs mois de retard. Cette situation a donné lieu à des plaintes qui ne semblent pas tout à fait sans fondement.

Le Bureau ne croît pas qu’il ait lieu de revenir sur le décret et de modifier l’article; les considérations qui l’ont fait adopter conservant toute leur valeur.

Mais sans doute serait-il possible de tolérer une dérogation à l’application de cet article, en répartissant les 2100 heures qu’il exige sur une période plus courte que l’année, et de demander, par exemple, 525 heures de travail réglementaires par trimestre, avant de solder les travaux supplémentaires exécutés pendant ce trimestre. On en serait quitte pour en revenir a une interprétation stricte, si cette manière de procéder conduisait à des abus.

C’est sur ce point, Monsieur le Ministre, que nous voudrions vous demander vos instructions.

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Gaston Doumergue, 14 avril 1909

Incipit (ahpo:incipit)

D'après le récent décret qui a réglé la situation des Calculateurs ...

Date (ahpo:writingDate)

1909-04-14

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Cote (dans les archives) (ahpo:classificationNumber)

Registre des séances 1909

Type (ahpo:documentType)

fr Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

29

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

3

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Gaston Doumergue, 14 Avril 1909 ». La Correspondance Entre Henri Poincaré, Les Astronomes Et Les géodésiens. Archives Henri Poincaré, s. d, Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, consulté le 7 février 2023, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/10623