LettreHenri Poincaré à Gaston Doumergue, 10 février 1910

Paris, le 10 février 1910
République Française – Bureau des Longitudes
Direction de l’Enseignement Supérieur – 2 Bureau

Le Président du Bureau des Longitudes à Monsieur le Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts et des Cultes.

J’ai l’honneur de recommander à votre bienveillante attention les vœux suivants formulés par le Bureau des Longitudes qui se rapportent aux échelles adaptées sur les ponts de Paris pour relever la hauteur variable des eaux.

Pendant l’inondation, les yeux de tous étaient fixés sur ces échelles, qui donnaient la hauteur de la crue ; or nous avons constaté que les hauteurs mesurées aux différents ponts n’étaient nullement comparables. Cela tient à ce que les zéros de toutes ces échelles n’ont pas une origine commune. Un usage ancien du service des Ponts et Chaussées place le zéro à l’étiage le plus bas observé sur chaque pont. Les divergences s’expliquent aisément par les particularités locales et par le fait que les ponts ont été construits à des époques très différentes.

Ce mode de mesures offre certains inconvénients que nous croyons devoir rappeler, puisque l’une des attributions du Bureau est l’étude de toutes les questions générales relatives au nivellement. Nous ne voulons d’ailleurs, en aucune façon, critiquer le service des Ponts, qui, dans le choix qu’il a fait, a été guidé par des raisons spéciales, d’ordre technique. Nous nous plaçons seulement à un point de vue différent pour réclamer une mesure complémentaire et le rattachement de toutes ces échelles à une même origine.

Nous sommes ainsi conduits à proposer :

1 la mesure de l’altitude au dessus du niveau de la mer des zéros de toutes ces échelles, et leur rattachement au nivellement général de la France.

2 l’addition sur chaque pont, d’une seconde échelle, voisine de l’échelle existante, et qui donne les altitudes exactes au-dessus du niveau de la mer.

Il sera ainsi plus facile de suivre des variations de la crue tout le long de la Seine, et de comparer les indications de ces échelles aux repères du nivellement général, répartis sur tout le territoire de la ville et de se rendre compte des risques d’invasion des eaux.

Je vous prie, Monsieur le Ministre, de prendre en considération les vœux précédents et, si vous le jugez utile, de les transmettre à Monsieur le Ministre des travaux publics.

Poincaré

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Gaston Doumergue, 10 février 1910

Incipit (ahpo:incipit)

J'ai l'honneur de recommander à votre bienveillante attention les voeux suivants formulés par le Bureau des Longitudes ...

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1910-02-10

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Cote (dans les archives) (ahpo:classificationNumber)

F17 13571

Type (ahpo:documentType)

fr Lettre autographe signée

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

39

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

3

Noms cités (ahpo:citeName)

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Gaston Doumergue, 10 février 1910 ». La Correspondance Entre Henri Poincaré, Les Astronomes Et Les géodésiens. Archives Henri Poincaré, s. d, Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, consulté le 7 février 2023, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/10693