LettreHenri Poincaré à Eugénie Poincaré - mars 1874

[Mars 1874]

Ma chère maman,

Je suis sorti avant-hier chez les Rinck. Après avoir été chez Mme Valette et chez Madame O. Kerrins que je n’ai trouvées ni l’une ni l’autre, j’ai rencontré un ex-cocon sec avec lequel je me suis promené jusqu’à 6 h. J’ai été ensuite chez les Rinck que j’ai trouvés en train de coller des timbres1. À 6 h ½ est arrivée Madame Pauly qui dînait chez eux. Elle est très gentille. La conversation a roulé au commencement sur les nouvelles alarmantes du rôti qui était en train de brûler ; à la fin sur l’état plus rassurant du même rôti.

Nous allons maintenant à l’exer le lundi, le vendredi et le samedi une fois sur deux. Cela m’est plus commode pour mes colles. Cela dure maintenant une heure et demi.

 


  1. Aline Boutroux n’appréciait guère Élie Rinck et sa famille. Leur collection de timbres lui semblait particulièrement ridicule. À en juger par le ton des lettres de Poincaré évoquant cette collection, celui-ci partageait manifestement le jugement de sa sœur : « Le fils unique des Rinck, Élie, était élevé selon des méthodes pédagogiques savantes. On lui avait fait construire une petite cage dans laquelle on l’enfermait avec son couvert, à table, pour le corriger de la manie de toucher aux couverts de ses voisins. Un autre jour on lui servit sur une assiette des brins d’herbe et des graines de toutes sortes, pour le déshabituer de grignoter, tout en se promenant, tout ce qu’il s’amusait à cueillir. Mr et Mme Rinck ne vivaient d’ailleurs que pour leur fils ; et, pour lui prouver son dévouement, Mr Rinck faisait pour lui une magnifique collection de timbres-poste, rassemblés dans des albums luxueux, et qui avait une grande valeur. Élie n’avait pas le droit de toucher et c’est à peine s’il avait le droit de regarder sa collection ; son père la lui réservait pour quand il serait adulte. Élie était meilleur enfant que son père ; il était intelligent et travailleur, respectueux et rangé. Mais il avait une mesquinerie dans l’esprit, une façon de juger les choses au point de vue de l’intérêt, qui me le rendirent bientôt odieux. » [A. Boutroux 2012, chap. VII].

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - mars 1874

Incipit (ahpo:incipit)

Je suis sorti avant-hier chez les Rinck.

Date (ahpo:writingDate)

1874-03

Expéditeur (ahpo:sentBy)

Destinataire (ahpo:sentTo)

Identifiant (dcterms:identifier)

L1874-03d-HP_EP

Lieu (ahpo:writtenAt)

Paris

Chapitre (ahpo:publishedIn)

Type (ahpo:documentType)

(fr) Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

2

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

1

Transcription de (bibo:transcriptOf)

Noms cités (ahpo:citeName)

Mots d'argot polytechnicien cités (ahpo:citeArgot)

Cocon ;
Sec ;

Noms cités dans l'apparat (ahpo:citeApparatName)

Numéro (ahpo:letterNumber)

048

Éditeur (dcterms:publisher)

Laurent Rollet

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - Mars 1874 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 23 January 2021, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/13058

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