LettreAlbert Cochon de Lapparent à Henri Poincaré, 22 mai 1907

Paris, 22 mai 1907

Cher Confrère,

Je n’ai pas attendu votre appel pour me mettre en campagne, surtout depuis que j’ai connu la malencontreuse candidature suscitée par Paul Bourget5.

La semaine dernière, tant au Correspondant qu’à la sortie de la messe de l’Institut, j’avais fortement endoctriné le Marquis de Vogüé6,M. Lamy7 et M. Thureau Dangin8. Avant hier j’écrivais à ce sujet au Cardinal Mathieu9, et hier j’en ai entretenu M. Vandal10.

Demain j’aurai soin d’être à l’Institut au moment de l’arrivée des Quarante, pour entreprendre MM. Bazin11, d’Haussonville12 et Masson13, M. de Mun14 et M. Costa de Beauregard15. Enfin, comme je dois dîner samedi chez Thureau Dangin, j’y ferai un nouvel effort de manière à n’avoir rien négligé avant mon départ pour Vienne (je partirai seulement lundi soir à 7h20).

J’espère encore qu’on ajournera la satisfaction réclamée par l’ambitieuse Revue des Deux Mondes. En tout cas, vous pouvez être sûr que tout ce qui dépendra de moi sera fait par votre dévoué confrère

A. de Lapparent

J’aime à croire que les relations de Lorraine devraient vous assurer le concours de MM. Mezières16 et Gebhart17. Quant à Sully Prudhomme18, que j’ai trouvé si lamentablement impotent quand hier il a traversé notre salle, comme il a été mon condisciple en spéciales, je vais lui écrire dès ce matin.


Apparat critique 

  1. Paul Bourget (1852–1935), romancier, poète et auteur dramatique, a collaboré à la Revue des Deux Mondes, auGlobe, à la Nouvelle Revue, à l’Illustration et divers autres journaux et revues. Il est élu à l’Académie française en 1894 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  2. Charles Jean Melchior, marquis de Vog ué (1829–1916), archéologue, épigraphiste, historien et diplomate. Collaborateur de nombreux périodiques savants dont la (Revue des Deux Mondes), président de la revue Le Correspondant (depuis 1877), de la Croix-Rouge française (1907), président de la Société des agriculteurs de France (depuis 1896), président de la Compagnie des Glaces et Produits chimiques de Saint-Gobin (1901), il a été élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1868 et de l’Académie française en 1901 au fauteuil 18 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  3. Etienne Lamy (1845–1919), essayiste, homme politique et avocat. Il a publié L’Armée et la démocratie, La France du Levant, La Femme de Démain, Etudes sur le second Empire et le Préface aux Lettres d’Aimée de Coigny. Elu à l’Académie française le 8 juin 1905, il fut nommé Secrétaire perpétuel de l’Académie française le 13 mars 1913 au fauteuil 21(www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008)↩︎

  4. Paul Thureau-Dangin (1837–1913), historien et publiciste, son Histoire de la Monarchie de Juillet a obtenu deux fois le prix Gobert. Rédacteur du Correspondant, il a été élu à l’Académie française le 2 février 1893 au fauteuil 37 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  5. François-Désiré Mathieu (1839–1908), homme d’Eglise et historien. Il publie Quelques pages de l’histoire ecclésiastique de la Lorraine au XIX siècle, Le Concordat de 1801 ; il fut élu le 21 juin 1906 à l’Académie française au fauteuil 36 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  6. Albert Vandal (1853–1910), historien, lauréat de l’Académie en 1882 pour une Etude sur Louis XV et Elisabeth de Russie, il obtient deux fois le grand prix Gobert. Elu à l’Académie française le 10 décembre 1896 au fauteuil 11 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  7. René Bazin (1853–1932), romancier et essayiste, plusieurs fois lauréat de l’Académie, il a publié des romans, des livres de voyages et collaboré à la Revue des Deux Mondes et à divers journaux. Il a été élu à l’Académie fraçaise après le succès de son livre Les Oberlé, le 18 juin 1903 au fauteil 30 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  8. Paul-Gabriel d’Haussonville (1843–1924), homme politique, avocat, essayiste, historien de la littérature, lauréat de l’Académie et rédacteur à la Revue des Deux Mondes. Il a été élu à l’Académie française le 26 janvier 1888 au fauteuil 27 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  9. Frédéric Masson (1847–1923), historien, il a publié une Etude sur le cardinal de Bernis. Il fut élu à l’Académie française le 18 juin 1903 au fauteuil 17. Il fut nommé Secrétaire perpetuel le 20 mai 1919 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  10. Albert de Mun (1841–1914), homme politique, essayiste et militaire, il créa les cercles ouvriers catholiques. Il a été un des plus vigoureux champions des idées conservatrices et de la foi catholique, il fit partie de toutes les législatures depuis 1876 jusqu’en 1902. Il fut élu à l’Académie française au premier tour, sans avoir rien publié, le 1er avril 1897 au fauteuil 8 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  11. Charles Costa de Beauregard (1835–1909), historien et homme politique, il écrivit L’histoire de Charles Albert. Il fut élu à l’Académie française le 23 janvier 1896 au fauteuil 32 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  12. Alfred Mézières (1826–1915), historien de la littérature, homme politique et essayiste, est né à Rehon (Lorraine). Il est élu à l’Académie française en 1874 au fauteuil 23 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  13. Emile Gebhart (1839–1908), historien d’art, historien de la littérature et critique littéraire, est né à Nancy. Membre de l’Académie des sciences morales et politiques, grand voyageur, il est élu à l’Académie française en 1904 (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

  14. Armand Prudhomme, dit Sully-Prudhomme (1839–1907), poète et essayiste. Collaborateur de la Revue des Deux Mondes, il est élu à l’Académie française en 1881. Officier des Palmes académiques, Sully-Prudhomme fut lauréat du prix Nobel : il en affecta le montant à la fondation d’un prix annuel qui porte son nom et qui est distribué chaque année par la Société des Gens de Lettres pour permettre à un jeune poète inédit de faire publier ses oeuvres. A sa mort, son fauteil (n. 24) fut pris par Henri Poincaré (www.academie-francaise.fr/immortels/, consulté mai 2008).↩︎

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Albert Cochon de Lapparent à Henri Poincaré, 22 mai 1907

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1907-05-22

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(fr) Lettre autographe signée

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1

Identifiant dans les archives locales (ahpo:identifierInLocalArchives)

CD n° 182

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

2

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Licence (dcterms:license)

« Albert Cochon De Lapparent à Henri Poincaré, 22 Mai 1907 ». La Correspondance Entre Henri Poincaré, Les Astronomes Et Les géodésiens. Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 6 August 2020, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/13344

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