LettreHenri Poincaré à Eugénie Poincaré - juin 1875

[Juin 1875]

Ma chère maman,

Rien de bien neuf. Hier j’ai été à la revue où j’ai vu beaucoup de canons d’acier. Nous avions essayé d’aller avec Mme Olleris au Mont Valérien où nous avons été recalés. Nous sommes allés ensuite dans l’enceinte du pesage1 et M. et Mme Olleris sont allés à Courbevoie où nous avons été les rejoindre après moult péripéties. Grande bousculade à la gare de Suresnes au milieu d’un immense jodot ; enfin nous entrons 12 dans un compartiment de 2de au milieu des imprécations d’un fumiste qui voulait faire le 13e et qui nous appelle versaillais2. C’est un train direct ; nous redescendons donc immédiatement pour nous enfiler dans une première d’un autre train où nous devisons avec un vétérinaire rat avec sa femme et son fils qui fait le 9e. Arrivés à Courbevoie nous y dînons, nous en repartons à 8 h ½ nous attendons une heure le train qui a déraillé à Versailles ; rencontre d’un lieutenant d’infanterie et certificat d’un chef de gare.

Arrive le train ; nous nous empilons 12 dans une première y compris Gonzalve3 et le lieutenant d’infanterie et je ne suis pas bien sûr que le reste de la société ne reste pas sur le quai. À Paris cocher saoul et laïusseur4 qui nous fait aller comme le vent ; retard de 5 minutes. Une consigne qui est levée sur le certificat et qui a d’ailleurs cela de commun avec 8+n autres données par le colo, 8 pour chahut général du réfec et n pour dévissage illegal au géné et avec 6 salles de police données pour retard de 40’ dimanche, toujours paré par un artifice.

Quant aux photos elles sont très négresses.

Warum fragt Alina mich nicht mehr ?5

 


  1. L’enceinte du pesage était le lieu du champ de courses où les parieurs pouvaient assister à la pesée des jockeys et de leur selle et voir également les chevaux mis en lice.

  2. Il s’agit là d’une insulte désignant un partisan du régime qui ordonna d’écraser la Commune en 1871.

  3. Gonzalve Olleris.

  4. Laïusseur : bavard.

  5. Traduction de la phrase en allemand : « Pouquoi Aline ne demande-t-elle plus rien ? »

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - juin 1875

Incipit (ahpo:incipit)

Rien de bien neuf. Hier j'ai été à la revue où j'ai vu beaucoup de canons d'acier. ...

Date (ahpo:writingDate)

1875-06

Expéditeur (ahpo:sentBy)

Destinataire (ahpo:sentTo)

Identifiant (dcterms:identifier)

L0180

Adresse (ahpo:destinationAddress)

Lieu (ahpo:writtenAt)

Sujet (dcterms:subject)

(fr) Jeux littéraires  ;
(fr) Visites familiales et amicales  ;
(fr) Affaires diverses (polytechnique)  ;

Chapitre (ahpo:publishedIn)

Lieu d’archivage (ahpo:archivedAt)

Type (ahpo:documentType)

(fr) Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

3

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

2

Mots d'argot polytechnicien cités (ahpo:citeArgot)

Numéro (ahpo:letterNumber)

180

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Laurent Rollet

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - Juin 1875 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 10 August 2020, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/13617

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