LettreHenri Poincaré à Eugénie Poincaré - août 1874

Jeudi [Début août 1874]

Ma chère maman,

Nous sortons encore aujourd’hui, parce qu’hier notre sortie a été remplacée par une visite à une cristallerie. Nous ne devrions pas en faire ; car les conscrits n’en font jamais, cela a été décidé du jour au lendemain. J’ai pris le train d’Asnières à 2 h. 5 ; puis nous avons eu une longue route à pied par +∞°  de chaleur. Arrivés là-bas nous nous sommes aperçus que les fours Siemens ne chauffent pas moins que le soleil. Ce qu’il y avait de plus remarquable dans cette usine, c’était la densité des ouvriers. La partie qui aurait été très intéressante, à savoir les fours Siemens, était malheureusement inabordable ; je suis revenu par le train de 4 h 1/2 et par le bus. Mlle Barré est venue dîner chez Mme Rinck ; Octave1 n’est pas venu ; il préparait son exam. M. Rinck réclame je ne sais plus quelle ordonnance.

J’ai reçu une lettre de l’Oncle Antoni qui vient dimanche à Paris. Je suis toujours à la recherche de Bonnet. Tu sais que je n’ai jamais été d’avis que papa se présente. Il se tuerait à force de chiade et de tourmente ; je le connais bien2.

Nos visites aux manufactures intriguent considérablement les reporters. Le Moniteur Universel a dit que les X qui se destinaient aux Tabacs avaient été passer leurs exams à la Manufacture ; le Gaulois a dit qu’environ 250 élèves de l’École polytechnique avaient été faire à la gare St Lazare une manifestation renouvelée des chapeaux mous3.

 


  1. Octave Barré.

  2. Poincaré fait-il référence aux activités universitaires de son père à la Faculté de médecine de Nancy ? Suite à la guerre de 1870, la Faculté de médecine de Strasbourg avait été transférée à Nancy et Léon Poincaré y avait été nommé, le 10 octobre 1872, professeur adjoint de physiologie. En 1874, il devait être chargé du cours d’hygiène, responsabilité qu’il assuma jusqu’à sa nomination sur cette chaire en 1879. Poincaré voyait peut-être d’un mauvais œil la surcharge de travail que pouvait représenter cette charge de cours qui s’ajoutait à ses activités de recherche et à ses responsabilités de médecin libéral. Pour plus de détails sur la carrière de Léon Poincaré, voir, aux archives nationales, son dossier de carrière (F/17/21517) et son dossier de Légion d’honneur (LH/2185/71).

  3. Il s’agit d’une référence aux manifestations de la gare Saint-Lazare. Voir les lettre 78 et 74.

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - août 1874

Incipit (ahpo:incipit)

Nous sortons encore aujourd'hui ...

Date (ahpo:writingDate)

1874-08

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Identifiant (dcterms:identifier)

L0087

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Chapitre (ahpo:publishedIn)

Lieu d’archivage (ahpo:archivedAt)

Type (ahpo:documentType)

(fr) Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

2

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

2

Mots d'argot polytechnicien cités (ahpo:citeArgot)

Noms cités dans l'apparat (ahpo:citeApparatName)

Numéro (ahpo:letterNumber)

087

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Laurent Rollet

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - août 1874 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 29 September 2020, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/13840

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