LettreHenri Poincaré à Eugénie Poincaré - décembre 1876

[Décembre 1876]

J’ai été voir Dupont ; nous n’avons encore pu nous entendre sur les heures parce qu’il n’avait pas encore parlé à son patron. Il m’écrira aussitôt qu’il l’aura fait.

Mon rhume est toujours rudimentaire, mon appétit sans atteindre des proportions Bonnefoyto-garguantesques est très raisonnable. Faudra-t-il aller prendre la Thyroïde et où1. What is Mr Boutron2 ???

 


  1. Poincaré faisait sans doute référence à un échantillon récupéré pour les recherches de son père. Émile-Léon Poincaré avait publié plusieurs travaux sur la thyroïde dans les années 1870. Voir en particulier [É.-L. Poincaré 1870] et [É.-L. Poincaré 1877].

  2. C’est dans cette lettre que l’on trouve une première mention du philosophe Émile Boutroux, futur beau-frère de Poincaré. Formé à l’École normale supérieure (promotion 1865), agrégé en 1868, Boutroux avait soutenu une thèse très remarquée en 1874, De la contingence des lois de la nature [É. Boutroux 1874]. Après avoir été chargé de cours de philosophie à la Faculté des lettres de Montpellier, il avait été nommé sur la chaire de philosophie de la Faculté des lettres de Nancy à l’automne 1876. Sa nomination s’était faite dans un contexte houleux : le titulaire de la chaire, le philosophe catholique Amédée Jacquin de Margerie, royaliste convaincu et militant, avait démissionné en août pour rejoindre la Faculté catholique de Lille, nouvellement créée (voir la note 4, lettre 88). Boutroux était alors devenu à Nancy une sorte de symbole pour le camp républicain, soucieux d’assurer la réussite du nouveau régime contre les monarchistes. Sa leçon inaugurale à Nancy avait eu lieu le 4 décembre 1876 et il était vite devenu un invité régulier des parents de Poincaré. La sœur de Poincaré était tombée amoureuse de lui et, dans ses souvenirs de jeunesse, elle raconte de manière très détaillée ses peines de cœur face à la volonté de ses parents de lui présenter d’autres prétendants ([A. Boutroux 2012], chapitres XVII et XVIII). Aline Boutroux devait finalement épouser le philosophe le 9 octobre 1878. Boutroux exerça une profonde influence sur Henri Poincaré et on peut sans aucune doute le considérer comme l’un des principaux artisans de l’entrée du mathématicien en philosophie [L. Rollet 2000].

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - décembre 1876

Incipit (ahpo:incipit)

J'ai été voir Dupont; nous n'avons encore pu nous entendre sur les heures ...

Date (ahpo:writingDate)

1876-12

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Destinataire (ahpo:sentTo)

Identifiant (dcterms:identifier)

L0269

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Sujet (dcterms:subject)

(fr) Visites familiales et amicales

Chapitre (ahpo:publishedIn)

Lieu d’archivage (ahpo:archivedAt)

Type (ahpo:documentType)

(fr) Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

4

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

1

Transcription de (bibo:transcriptOf)

Noms cités (ahpo:citeName)

Noms cités dans l'apparat (ahpo:citeApparatName)

Numéro (ahpo:letterNumber)

269

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Laurent Rollet

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - décembre 1876 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 15 July 2020, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/13941

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