LettreHenri Poincaré à Eugénie Poincaré - 16 juillet 1874

[16 juillet 1874]

Ma chère maman,

Je suis encore à l’infirmerie ; je crois que ce n’est pas grand chose ; j’étais courbaturé depuis vendredi matin ; j’avais même craint que ceci n’eut quelque influence sur mon examen ; heureusement il n’en a rien été. Seulement dimanche, me sentant mieux, j’ai beaucoup marché et j’ai été obligé d’entrer ici aujourd’hui.

Je ne sais encore rien sur ma note. Le type m’a eu l’air très bien disposé, mais il ne m’a presque pas demandé de gigon. En somme je suis content.

Le 2d exam est plus raide car je vais passer avec un type qui cote très bas.

J’ai été hier à la revue1 qui était très chique2. Les tilleurs, les Cyrards et les chasseurs ont surtout bien défilé et ont été très applaudis. Le Mac a été aussi applaudi quand il s’est approché des tribunes. Ce qui faisait surtout plaisir, c’était la grande quantité de canons Reffye3. Les Prussiens se sont conduits comme des salops. Pendant que les autres officiers étrangers restaient auprès du Mac4, ils s’en allaient rôder autour de nos nouvelles batteries. Je ne comprends plus du tout l’histoire des champs. Je n’ai jamais rien envoyé à aucune société. J’ai seulement dû le faire mais j’en ai été empêché par ma maladie, puis par mes exams.

 


  1. On peut supposer que Poincaré fait ici le récit du défilé du 14 juillet. Cette fête nationale avait perdu peu à peu de son importance au cours du 19e siècle mais elle avait repris de la vigueur sous la Troisième République. Le défilé avait lieu à cette époque à l’hippodrome de Longchamp, raison pour laquelle il s’appelait la « Revue de Longchamp ». Ce n’est qu’après 1914 qu’il fut organisé sur les Champs-Élysées.

  2. Chique : terme d’argot signifiant le suprême de l’élégance et de la perfection.

  3. Le général Jean-Baptiste Auguste Verchère de Reffye était à l’origine de l’introduction en France des canons à âme rayée et à chargement par la culasse.

  4. Patrice de Mac Mahon.

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - 16 juillet 1874

Incipit (ahpo:incipit)

Je suis encore à l'infimerie ...

Date (ahpo:writingDate)

1874-07-16

Expéditeur (ahpo:sentBy)

Destinataire (ahpo:sentTo)

Identifiant (dcterms:identifier)

L0083

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Lieu (ahpo:writtenAt)

Sujet (dcterms:subject)

(fr) Examens intermédiaires et finaux  ;
(fr) Colles et examens (polytechnique)

Chapitre (ahpo:publishedIn)

Lieu d’archivage (ahpo:archivedAt)

Type (ahpo:documentType)

(fr) Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

3

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

2

Noms cités (ahpo:citeName)

Mots d'argot polytechnicien cités (ahpo:citeArgot)

Noms cités dans l'apparat (ahpo:citeApparatName)

Numéro (ahpo:letterNumber)

83

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Laurent Rollet

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - 16 Juillet 1874 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 12 July 2020, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/14154

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