PersonneBlanche Collin

Nom complet (dcterms:title)

Blanche Collin

Prénom (ahpo:firstName)

Blanche

Nom de famille (ahpo:familyName)

Collin

Biographie courte (dcterms:description)

Blanche Collin était une jeune fille de l’âge d’Aline Boutroux vivant à Nancy. Ses parents, des bourgeois désargentés, avaient été chassés de Strasbourg par la guerre de 1870. Aline Boutroux devait en faire un portrait peu flatteur dans ses souvenirs : « C’était une jeune strasbourgeoise qui, dès l’automne de 1871, avait émigré à Nancy avec sa mère et ses grands-parents. Elle avait subi le siège, vécu dans une cave, vu un obus éclater à ses pieds. Bref, elle me faisait l’effet d’une héroïne, d’autant plus qu’elle affichait un ardent patriotisme. J’ai cru découvrir dans la suite que son patriotisme, ainsi que tous les grands sentiments qu’elle prétendait avoir, étaient voulus ou simulés. En somme, une seule chose lui importait : plaire, plaire aux hommes surtout. Mais, en l’absence des hommes, plaire au moins à la femme la plus riche et la plus influente des femmes présentes, ou bien à celle qui avait des fils à marier. Pour moi qui n’avait ni richesse, ni influence, ni fils à marier, je la voyais changer de visage, et de cible, si je puis dire, selon la personne qui entrait ou sortait. Pauvre Blanche ! Il semblait que toute sa vie fût une lutte et un travail. La situation relativement modeste de ses parents, bourgeois tranquilles et sans ambition, ne suffisait pas à l’ardeur de ses dix-huit ans. Elle voulait percer, elle voulait briller, elle voulait faire fortune. Et, pour cela, elle tirait parti d’un visage irrégulier que faisait accepter une abondante chevelure rousse et des dents blanches. Avec quel art elle disposait cette chevelure, avec quelle industrie elle s’habillait elle-même à peu de frais, avec quel soin elle travaillait sa jolie voix, et son rire, et son sourire, toutes ses armes, enfin, avant d’affronter la bataille d’un bal ou d’une soirée, on ne le saura jamais. Nous-mêmes, qui voyions les dessous, nous ne pouvions deviner qu’une part de ses efforts. » [A. Boutroux 2012, chap. XXIII]