PersonneMarie Anne Alice Georgel

Nom complet (dcterms:title)

Marie Anne Alice Georgel

Prénom (ahpo:firstName)

Marie Anne Alice

Nom de famille (ahpo:familyName)

Georgel

Biographie courte (dcterms:description)

Née Contal
Anne Alice, était issue de la famille Contal avec laquelle les Poincaré avaient des relations très amicales ; en effet, Marie Aline Eugénie Contal – sœur ou cousine d’Anne Alice ? – était l’épouse de l’historien et futur ministre de l’Instruction publique Alfred Rambaud (voir la page 377). Dans les années 1860, Anne Alice Georgel donnait des cours de théâtre et de diction à Poincaré et à sa sœur ainsi qu’aux enfants de familles amies. Aline Boutroux évoque ceux-ci dans ses souvenirs de jeunesse : « Nous pratiquions l’art plus modeste mais plus spontané de la charade. Nous étions parfaitement entraînés en cette matière par une dame qui, d’après son âge, eût pu être ma mère, mais qui nous traitait, Henri et moi, en camarades. Elle avait tant d’imagination, tant d’ingéniosité, tant de verve, tant d’esprit d’à-propos et une idée si pittoresque de la vie, que les drôleries surgissaient en foule de son cerveau. Mme Georgel – c’était son nom – était une véritable étoile, et elle nous entraînait dans son sillage. Nous allions avec elle dans un petit coin, et, en cinq minutes, elle avait trouvé le mot, décidé les scènes, distribué les rôles, indiqué à chacun en gros, ce qu’il devait dire, coiffé l’un d’un voile de fauteuil qui jouait le turban, l’autre d’une serviette blanche qui prenait la forme d’une cornette de religieuse, puis le spectacle commençait immédiatement. Et c’était toujours nouveau, toujours imprévu. Les scènes historiques alternaient avec les aventures les plus bourgeoises, on passait de l’actualité à l’antiquité, de la tragédie à la comédie. La conversation de Mme Georgel était absolument intarissable. C’est elle, également, qui nous initia au jeu des homonymes et des proverbes, des devinettes et des petits papiers. Mais ce fut surtout quelques années plus tard, après la guerre, que nous devînmes véritablement ses disciples et ses émules. Elle n’aimait pas seulement les jeux d’esprit ; elle aimait encore les jeux du cœur, et se faisait volontiers l’instrument de la providence. Je crois bien que c’était tout simplement pour s’amuser qu’elle entreprenait de faire des mariages. Elle nous mettait dans la confidence et nous faisait assister aux entrevues. Quand nous lui voyions déployer tout son esprit pour faire causer les uns et les autres et pour mettre en valeur les deux parties, il nous semblait qu’elle jouait encore une charade. Sans doute, ce n’était pas un divertissement de notre âge, cela n’aurait même pas dû être un divertissement du tout : mais nous n’apprenions rien de bien dangereux, si ce n’est à nous moquer des choses sérieuses. Nous prenions de plus, l’horreur prématurée de ces sortes d’entrevues, et nous nous promettions de ne pas en être les héros à notre tour, quand l’heure viendrait. Mme Georgel avait un mari et des enfants, des enfants presque de notre âge, mais que nous considérions comme très inférieurs à nous, puisque nous étions les camarades de leur mère. Jamais, d’ailleurs, elle ne les mêlait à ses jeux. » [A. Boutroux 2012, chap. XIII].

Date de naissance (bio:birth)

1838

Date de décès (bio:death)

1877