LettreHenri Poincaré à Aline Boutroux - novembre 1877

[Novembre 18771]

1ère q. À quoi est égal le potentiel du corps quand il est à la distance r de la terre ; pour cela remarque que le travail qu’il produit est égal quand la distance varie de r à r + dr est égal à

force -kr2 × chemin dr= -kr2dr.

k y est une constante qui est égale à quoi. Si R est le rayon de la terre on a l’attraction quand il est à la surf. de la terre = k R 2 qui doit être 1 kil [kilomètre]. Donc ..

Donc le potentiel est égal à la fonction dont    est la dérivée c’est à dire  dire C- R 2 r 2  , C étant une constante quelconque – À la distance    le potentiel est égal à C ; à la distance R à   ; donc le potentiel a diminué de R ; donc la 1/2 force vive a augmenté d’autant et si elle était nulle à la distance  elle est devenue égale à R q [quand] le corps a atteint la surf. [surface] de la terre. À ce moment elle se transf. [transforme] tout entière en chaleur et elle donne p. cons. [par conséquent]     calories.

2e q. Quand on considère du Carb. [carbone] et de l’Ox. [oxygène] par exemple ; s’ils sont séparés il y a tendance à leur combinaison. Cette comb. [combinaison] est produit une cert. q [certaine quantité] de chaleur et il f. [faut] pour la détruire la combinaison consomm. [consommer] une q. [quantité] égale de chaleur. Du C [Carbone] et de l’Ox [Oxygène]. séparés représentent donc un certain potentiel chimique équivalent à la q [quantité] de chal. [chaleur] qu’ils peuvent produire en se combinant.

Il y a d. la série de ph. suivants [Il y a donc la série de phénomènes suivants] :

Assimiler du carbone = transformer de la lumière ou de la chaleur solaire en potentiel chimique ; combustn [combustion] du carbone = transf. du potent. chimq [transformation du potentiel chimique] en chaleur ; action de la vapeur sur le piston = transf. de la chaleur en travail ; arrêt de la machine = transf. du travail en chaleur par le frottement.

Tu dis q [que] tu ne comprends le potentiel que dans le cas de l’attr. [l’attraction] universelle ; or les autres principes cas se traitent d’après les mêmes principes ; soit par exemple un ressort ; tu fais un certain travail pour le tendre ; s’il est parf. élastq [parfaitement élastique] il te rendra en se détendant tout le travail q [que] tu lui auras fourni. Son potentiel sera alors égal à chaque instant à la f. [fois] au travail que tu lui auras fourni et à celui qu’il peut encore te fournir ; s’il n’est pas parf. élastq [parfaitement élastique] ; il ne te rendra pas en se dét. [détendant] tout le travail qu’il a reçu ; son potentiel qui sera touj. [toujours] le travail qu’il peut fournir, ne sera plus alors égal au trav [travail]. qu’il a reçu ; que sera donc devenu l’excès de ce travail ? De la chaleur et en effet un corps mou que l’on comprime s’échauffe.

Un autre ex. [exemple] de potentiel, c’est le potentiel électrique. Si on frotte une machine électrq ; on prod. [produit] un travail qui se transf. partie en chaleur ; partie en pot. électrq [potentiel électrique] quand l’étincelle éclate tout le pot. électq se transf. [transforme] en chaleur. Quand on approche d’un corps électrisé un corps conducteur, puis qu’on le touche du doigt, puis qu’on l’éloigne ; l’état du corps électrisé n’a pas changé et le corps conducteur s’est chargé d’électricité. Il s’est donc formé un potentiel électrq ; aux dépens de quoi ; aux dépens du travail q [que] tu as dû faire pour éloigner ces deux corps qui s’attiraient étant chargés d’électricités contraires.

Courants induits. Si on approche un aimant d’un circuit, il naît dans ce circ. [circuit] un courant, ce courant repousse l’aimant ; pour le faire approcher il faut donc un travail pour vaincre cette répulsion, et c’est ce travail qui se transf. en pot. élect. et en chaleur.

Téléphone. C’est toute même chose. La force vive de vibrn [vibration] de l’air, se transporte à la plaque ; cette plaque se force vive de la plaque se transf. [transforme] en pot. électrq qui lui-même se transf. ensuite en f. v [force vive] de la plaque du récepteur.

On charge à nou [nouveau] Transf. de l’énergie dans les ph. [phénomènes] suivants ?

On tire un coup de canon en l’air, le boulet s’arrête, retombe et vient choquer la terre. Pourquoi le mouvt [mouvement] perpétuel est-il impossible ?

 


  1. Ce fragment de lettre non daté semble être adressé à Aline Boutroux. Voir également la lettre suivante.

Titre (dcterms:title)

Henri Poincaré à Aline Boutroux - novembre 1877

Incipit (ahpo:incipit)

1re q A quoi est égal le potentiel du corps ...

Date (ahpo:writingDate)

1877-11

Expéditeur (ahpo:sentBy)

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Identifiant (dcterms:identifier)

L0285

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Chapitre (ahpo:publishedIn)

Lieu d’archivage (ahpo:archivedAt)

Type (ahpo:documentType)

(fr) Lettre autographe

Section (dans le livre) (ahpo:sectionNumber)

5

Identifiant dans les archives locales (ahpo:identifierInLocalArchives)

CD n° 196

Droits (ahpo:rightsHolder)

Archives Henri Poincaré

Nombre de pages (ahpo:numberOfPages)

3

Noms cités dans l'apparat (ahpo:citeApparatName)

Numéro (ahpo:letterNumber)

285

Langue (ahpo:language)

fr

Éditeur (dcterms:publisher)

Laurent Rollet

Licence (dcterms:license)

« Henri Poincaré à Aline Boutroux - Novembre 1877 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d., Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, accessed 14 July 2020, http://henripoincare.fr/s/correspondance/item/7460

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