LettreHenri Poincaré à Eugénie Poincaré - février 1875

[Février 1875]

Ma chère maman,

Encore une lettre oubliée dans ma poche que tu as dû recevoir hier. Je ne suis pas encore content de mes notes. J’ai eu 17 chez le lieutenant de vaisseau1, 19 en Physique, Bonnefoy 18 en Ana [Analyse]. Il faut dire que ce lieutenant est un nouveau colleur qui doit être classé d’après cela dans la catégorie des mauvais colleurs ; que tout le monde passera avec lui et que moi je suis sûr de ne pas passer. Je suis sorti dimanche d’abord chez Mme Olleris, nous avons été le matin chez Mme Vallet pour savoir de ses nouvelles parce qu’elle était malade. M. Olleris allait mieux mais n’allait pas encore tout à fait bien. L’après-midi il faisait un temps épouvantable. Je suis allé chez Mme Rinck à 6 heures ; j’ai trouvé chez elle M. Denis de Luxembourg et son fils. Le mariage Boppe2 est une grave affaire.

Il y a un conscrit qui est mort avant-hier d’un rhumatisme articulaire qui lui est remonté sur le cœur. Nous allons aujourd’hui à son enterrement. Trois autres conscrits sont très gravement malades, entre autres l’ami de Gonzalve3.

 


  1. Gustave Adolphe Salicis.

  2. Il est difficile de déterminer précisément à qui Poincaré fait ici référence mais on peut supposer qu’il est question d’une personne gravitant dans l’entourage de ses parents à Nancy. Il pourrait s’agir de Lucien Boppe (1834-1907) ou d’un membre de sa famille. Lucien Boppe était inspecteur des forêts, professeur de sylviculture et il dirigea l’École forestière de Nancy à partir de 1893 (après en avoir été le sous-directeur pendant 12 ans). Voir son dossier de Légion d’honneur aux archives nationales (LH/293/5). Une autre piste pourrait être celle de Paul Louis Hippolyte Boppe (1850-?), lui-même membre de la famille de Lucien Boppe : formé à l’École militaire de Saint-Cyr, il était en 1872-1873 élève à l’École d’équitation de Saumur. Il devait être promu lieutenant au 4e régiment de chasseurs à cheval en juillet 1875. Paul Louis Hippolyte Boppe était issu d’une famille de négociants de Nancy. Sa mère, Marie-Louise Joséphine Hermite (1816-1873), était une sœur du mathématicien Charles Hermite. Le fils de Paul Louis Hippolyte Boppe, Paul Boppe, fut condamné en 1922 dans une affaire d’homicide contre son épouse Suzanne Boppe, fille d’un professeur de la Faculté de médecine de Nancy (Émile Demange) et nièce de Maurice Barrès. Sur Paul Louis Hippolyte Boppe, voir son dossier de Légion d’honneur aux archives nationales (LH/293/6).

  3. Gonzalve Olleris.

Titre
Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - février 1875
Incipit
Encore une lettre oubliée dans ma poche que tu as dû recevoir hier. ...
Date
1875-02
Identifiant
L0140
Adresse
Nancy
Lieu
Paris
Sujet
fr Colles et examens (polytechnique)
fr Visites familiales et amicales
Lieu d’archivage
Private collection 75017
Type
fr Lettre autographe
Section (dans le livre)
3
Droits
Archives Henri Poincaré
Nombre de pages
2
Mots d'argot polytechnicien cités
Colleur
Noms cités dans l'apparat
Paul Louis Hippolyte Boppe
Lucien Boppe
Numéro
140
Langue
fr
Éditeur
Archives Henri Poincaré
Laurent Rollet
Licence
CC BY-ND 4.0

« Henri Poincaré à Eugénie Poincaré - février 1875 ». La Correspondance De Jeunesse d’Henri Poincaré : Les années De Formation, De l’École Polytechnique à l’École Des Mines (1873-1878). Archives Henri Poincaré, s. d, Archives Henri Poincaré, s. d, La correspondance d'Henri Poincaré, consulté le 16 juin 2024, https://henripoincare.fr/s/correspondance/item/4341